Comment une librairie utilise Facebook

Librairie Comme un romand et facebook

J’étais samedi dernier à l’étage d’une librarie non loin de chez moi où je cherchais vaguement un bouquin à acheter tandis que je voyais le libraire discuter avec un individu. Je n’y prêtais guère d’attention, quand mes oreilles surprirent les termes « Facebook » et « Internet ». Quoique le samedi soit mon jour de repos, je n’ai pas pu ne pas me rapprocher discrètement pour essayer de capter ce qui se disait. Et bien m’en a pris !

- Oh, moi Facebook tu sais…

- Oui, moi aussi ce n’est pas trop ma tasse de thé

- Mais pourtant, ça marche vraiment ! Les clients viennent, discutent…

- Mais comment l’utilises-tu ?

- Je laisse les filles en bas [Les employés sont toutes des femmes] s’en occuper

- Que font-elles ?

- Elles publient leurs coups de coeurs, annoncent les signatures, les nouvelles concernant la librairie…

- Sur leur temps de travail ?

- Oui, je leur ai demandé d’utiliser Facebook.

Et si « avoir une stratégie sur les médias sociaux » était juste ça ? Je veux dire, utiliser les outils de communication employés par ses clients et tirer parti de leurs atouts pour renforcer et développer son activité ? Et si être chef d’entreprise, ce n’était pas nécessairement être un « expert en médias sociaux » mais simplement reconnaître leur importance et laisser à vos salariés les plus avertis la liberté d’en tirer parti parce que vous avez fait en sorte que la culture de l’entreprise soit une culture de passion et d’authenticité ?

Page Facebook de la librairie Comme un roman

La page Facebook de Comme un roman, la librairie dont il s’agit, n’a rien d’extraordinaire, pas plus que l’usage qui en est fait. Mais c’est justement ce qui me plaît. Si curieux que cela puisse paraître, cette librairie est en avance sur son temps. Elle utilise Facebook comme on utilise le téléphone ou d’autres outils de communication : de façon naturelle, simple et sensée.

PS :

Un autre cas intéressant dont j’ai parlé il y a quelques temps : celui d’un hôtel… new yorkais.

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13 commentaires

  1. Cette librairie est une des librairies parisiennes de référence. Sa directrice, Karine Henry, est aussi écrivain à ses heures perdues.
    Cela m’amène à une réflexion plus générale sur l’adaptation nécessaire des métiers « traditionnels », tels que la librairie aux nouvelles technologies. Afin de contrer des gros intervenants comme Amazon ou Fnac.com, certains libraires ont créés leur propre plateforme de vente en ligne : http://www.1001libraires.com, sur laquelle on trouve aussi des livres numériques (dont fait d’ailleurs partie la librairie Comme un roman)

  2. Merci Olivier. Intéressant ce http://www.1001libraires.com. Il leur reste à le faire connaître !

  3. [...] pistes sont vastes… Par exemple en utilisant les réseaux sociaux un peu comme cette petite librairie.  Autre piste à l’heure où la production de masse est une aberration économique et [...]

  4. Ce que gagne surtout cette librairie à ne pas avoir de stratégie -surement sans le savoir je vous le concède- c’est en authenticité !
    Et finalement c’est une stratégie déjà employée sur le web, plus d’exemples en tête mais cherchez du coté des « astuces sympa » ou des bons de réduction.
    Un design et une gestion simples, « amateurs » tendent à rapprocher le client, c’est pour cela que nous aimons tellement les boutiques de quartier.

  5. [...] il s'agit d'une librairie dont les employés utilisent Facebook. Simple, mais très efficace ! Les messages paraissent honnêtes et naturels, vu que ce sont les [...]

  6. @Maal3m Pas faux, de même que si l’on devait crâner au début du téléphone en utilisant cet appareil, plus personne ne le fait.

    @Raphaëlle Merci !

  7. Facebook représente effectivement désormais un vecteur de communication aussi fondamental que le téléphone ou l’e-mail.
    Mais encore plus important que Facebook pour rester à la page, il y a le e-commerce: la plupart des libraires ont malheureusement tardé à comprendre que la relation qu’entretenaient les gens avec leur bonne vieille librairie avait définitivement évolué.
    A ce titre, je me permets de vous référer à cet article (en anglais) sur la faillite de Borders: http://www.dailyfinance.com/2011/07/19/bye-bye-borders-do-we-still-need-brick-and-mortar-bookstores/
    Peut-être que Facebook permettra à nos bonnes vieilles librairies de s’ouvrir enfin au commerce en ligne.
    (1001 libraires est une excellente initiative qui aurait dû voir le jour il y a 10 ans, espérons maintenant qu’elle saura trouver sa place aux côtés d’Amazon et de la FNAC)

  8. En effet, merci Hayssam !

  9. Pas sûr que 1001 libraires ne puisse se faire une place, voire même survivre à court-terme.
    Les derniers échos sont mauvais (réorganisations au niveau de la direction, licenciement de la moitié de l’équipe, etc.) alors que ça fait très peu de temps que la plateforme est disponible. De mémoire, ces décisions ont été prises 3 mois après l’ouverture du site.
    Il faut dire que le projet a été enfanté dans la douleur, avec de nombreux retards et une critique acerbe des aides versées par le CNL (500,000 euros) au fur et à mesure que 1001libraires.com prenait l’image d’une arlésienne. Certains libraires ont alors perdu confiance dans la plateforme…
    Bref, je ne sais pas si 1001 libraires puisse se faire une place un jour, mais beaucoup considèrent que l’on a mis des aides publiques utiles entre de mauvaises mains :/

  10. @Pan

    Merci de l’info ! Ennuyeux… mais pas surprenant : tous ces projets « défensifs » bâtis à coups de subventions sont voués à l’échec car manque profond de culture technique et de rigueur commerciale (cf. France.fr…).

  11. intéressant !! J’aime beaucoup l’initiative !

  12. [...] je devais conclure d'après ces exemples (et j'en ai évoqué d'autres par le passé, comme cette librairie parisienne ou cet hôtel new yorkais), je dirais que l'e-mail et Twitter perdent la bataille de la relation [...]

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